Nous arrivons enfin à San Pedro, oasis perdue au milieu du désert, dans le delta d’une rivière, qui est passée en peu de temps d’un petit village à un bourg très touristique, et qui en a tous les revers.
Le 1er hôtel a été créé en 1995, il y a 15 ans il y en avait 20 et aujourd’hui on compte 350 offres d’hébergement… La ville reçoit 4.000 visiteurs par jour et en 15 ans elle est passée de 2.000 à 11.000 habitants … Impressionnant !
Le désert d’Atacama quand à lui s’étend de la côté Pacifique aux Andes, au niveau du tropique du Capricorne, sur 1000 km du nord au sud. Il est aussi grand que 1/5 de la France et c’est un des déserts les plus secs du monde. A l’est les nuages sont arrêtés par la Cordillère, et à l’ouest, le courant frais de Humboldt empêche l’humidité de la mer de rejoindre les nuages chauds et secs venus de l’Equateur.
Le désert a connu début février des inondations : il s’agit d’une des 5 plus grosses pluies sur les 70 dernières années. Dans certains coins du désert, il n’a pas plus depuis plus de 500 ans !
Les conséquences ont été nombreuses sur ce coin dont la terre ne sait pas absorber l’eau : routes coupées, mines fermées, sites touristiques fermés (ils n’ont pas encore tous ré-ouverts plus d’1 mois après), et 6 victimes.
La vallée de la Lune
Ouhaaaaa, trop beau. Voilà qui nous réconcilie avec le Nord du Chili. Cette zone désertique que nous venons de traverser mélangée à la pollution due à l’extraction de mineraie ne nous a pas fait rêver.
On ne peut qu’y rentrer le matin avec son propre véhicule mais tu peux ensuite y rester autant de temps que tu veux.
On fait la connaissance de 3 jeunes français extraordinaires avec qui nous passerons les jours suivants pour visiter Atacama.
Mirador Kari
On se retrouve ensuite tous ensemble pour un magnifique coucher de soleil au mirador Kaori qui est gratuit lorsque tu le faits le même jour que la vallée de la lune.
Nous partons ensuite vers un spot un peu plus bas, et à peine posés, on se retrouve face au levé de la lune pleine sur le Licancabur. Absolument agique !!!!
Lagunas Miscanti et Miñiques
Nous décidons le lendemain d’aller admirer les lagunas Miscanti et Miñiques, à 1h de San Pedro : elles se trouvent à 4300m d’altitude, sur l’altiplano. Les lagunes sont très belles et la route nous permet d’admirer le salar d’Atacama, la Cordillère et les cultures en terrasse du village de Socaire, datant des Incas.
On y retrouve nos copains qui sont à pied car leur van de location n’a pas réussi à monter (faut dire que c’était raide). On les ramène et leur passons du liquide de refroidissement.
Malheureusement nous n’aurons pas le temps d’aller à la laguna d’après qui est magnifique. On est parti trop tard et voulons absolument faire le coucher de soleil à la laguna Chaxa.
Laguna Chaxa
Nous pensions trouver un salar tout blanc comme celui d’Uyuni, mais on trouve plutôt de petites formations rocheuses brunes et blanches, avec de beaux flamants roses qui agrémentent le paysage.
Laguna Baltinache
Nous allons vivre une journée de rêve !!!! Avec une chance incroyable.
La laguna se trouve à 60km, dont 45 de ripio. On nous a prévenu que son accès n’est pas simple en camping-car, on joue la carte de la prudence et montons tous dans le van de nos copains.
Heureusement, le paysage sera plus agréable que l’état de cette piste et Marion assure à la conduite. Nous nous retrouverons face aux eaux turquoises de ces 7 lagunes salées bordées par le blanc du sel, cela donne un rendu irréaliste. Seules la première et la dernière sont autorisées à la baignade.
On commence avec une première baignade tous seuls (on a vu plein de bus à l’entrée mais tout le monde est à la 2ème). C’est surprenant car nous flottons totalement sans aucun effort comme dans la mer morte. En effet, la forte teneur en sel nous permet de flotter et s’amuser comme si nous étions en apesanteur.
Nous voilà partis ensuite à marcher sur ces croûtes de sel (attention aux pieds) pour atteindre la dernière lagune. C’est magnifique. Nous arrivons et tout le monde s’en va. Et quand nous partons, nous voyons arriver une vingtaine de personnes. Quand je te dits que cette journée va être magique.
Heureusement qu’une douche est possible à la sortie car on se retrouvera tout blanc une fois la peau séchée .
Une fois revenus en ville, on laisse nos copains partis voir si il reste de la place pour l’observation des étoiles ce soir. Pendant ce temps, on profite d’un dernier coucher de soleil sur la vallée de la Lune. Et comme on a de la chance, et bah ce sera bon, nos copains ont de la place 🙂
Observation des étoiles avec Space Obs
L’absence de nuages permet un ciel propice à l’observation des étoiles. Nous nous rendons donc ce soir à 21h chez Alain Maury, astronome français qui a travaillé en observatoire pendant plus de 30 ans (il a donné son nom à 2 météorites et a découvert plusieurs astéroïdes), et qui s’est installé à Atacama avec sa femme chilienne il y a 15 ans.
Malheureusement il n’est pas là ce soir et avons pris le tour en anglais. La guide est fort peu aimable en nous annonçant de suite qu’elle ne ralentira pas parce que nous traduisons aux enfants et qu’on doit le faire sans bruits pour ne pas gêner les autres. Et beh ça commence bien.
Et comme c’est une journée fantastique, 2 mn plus tard une charmante dame vient nous trouver en nous disant qu’Alain Maury finalement fait un tour en français puisque nous sommes 8.
Avec des mots simples, et surtout en Francais , nous aurons le droit à un cours d’astronomie passionnant et hilarant en compagnie de ce personnage peu commun mais passionné, et ses anecdote et boutades plus drôles les unes que les autres. A l’aide de son puissant lazer, lui et sa femme régleront les 9 télescopes qui seront à notre disposition pour observer des étoiles bien sûr, mais aussi des nébuleuses magnifiques comme celle de la tarentule et enfin la voie lactée et les milliers d’étoiles qui la forme. Cette soirée se terminera par un chocolat chaud à boire les paroles d’Alain qui ne sait plus s’arrêter.
Nous dormirons ensuite devant chez lui.
Recherche de la pierre de Mars
On va te raconter ici une histoire incroyable qui nous a été confirmé par le musée de la météorite. On avait un doute quand des copains nous l’avaient raconté, mais la guide du musée nous a confirmé sa véracité.
En 2018, une famille francaise en camping car, visite le salar de Tara à la recherche de météorite. La fille de 12 ans pense en avoir trouvée une. Ils vont au musée pour leur montrer. On leur annonce de suite qu’il s’agit bien d’une météorite mais le musée est encore plus intrigué et demande si ils peuvent prendre un petit bout pour expertise… et en fait il s’avère que c’est une pierre de Mars. Il en existe 8 dans le monde. Incroyable, ces français vont pouvoir continuer le voyage à vie avec ce que cela va leur rapporter. Car d’après la guide, la pierre était sacrément grande et est inestimable.
Pour continuer l’histoire, ils nous expliquent qu’au chili les météorites n’appartiennent pas à l’état, il n’ y a aucune réglementation qui t’empêche de la récupérer. Et toujours pour l’histoire, le salar de Tara où elle a été trouvée… est fermé aux publics depuis 2018, soi-disant parce que les touristes abîmaient le site. Par contre tous les autres site d’Atacama sont ouverts ????!! Personnellement j’en déduis que le Chili cherche activement sa pierre 🙂
Bref, fort de cette histoire, nous voilà tous en train de chercher une météorite pendant des heures sous le soleil en plein désert… Mais bon on va bien être obligés de rentrer puisqu’on a rien trouvé 🙁