SOMMAIRE
PARTIR DE TUPIZA
Pourquoi partir de Tupiza ?
Pour faire l’excursion du Salar de Uyuni et du Sud Lipez, tu as le choix de partir d’Uyuni, de Tupiza ou même de San Pedro de Atacama au Chili. Pourquoi Tupiza :
– Depuis Uyuni, l’excursion dure 3 jours. Tu es 6 ou 7 dans les 4×4 avec souvent des chauffeurs bourrés, des agences malhonnêtes etc.. Le seul point positif c’est le budget car les excursions sont moins chères, 750-900 bolivianos le tour de 3 jours (entre 100 et 130€ environ).
– A Tupiza il n’y a que 7 agences qui proposent l’excursion au Salar de Uyuni qui, depuis cette ville, dure 4 jours. Tu es 4 passagers dans un 4×4 (5 avec la cuisinière). Mais qui dit qualité, dit plus cher : environ 1200 bolivianos /personnes (environ 150€, une fois le prix « négocié »). Comme ailleurs en Bolivie, les agences ne se prêtent pas au jeu de la concurrence et te proposeront toutes les mêmes prestations, le même prix… et les mêmes rabais !
– Le parcours est le même, mais dans le sens inverse du grand classique, donc avec beaucoup moins de monde sur la route. En plus Tupiza est une petite ville très mignonne, avec des alentours magnifique, où des excursions à la journée valent la peine.
– Pourquoi ne partir du Chili : la montée à 5000m n’est pas du tout progressive… attention au mal de l’altitude.
– Le passage par une partie de la région du Sud-Lipez. Ceux partants de Uyuni ne le font pas et là où Uyuni fait un aller/retour, Tupiza fait une boucle.

Quelle agence ?
1) Alexandro Adventure Travel : Av Pedro Arrayo, calle Chuquisaca, Téléphone : +59167918495 aleadventure4x4@hotmail.com Faire le départ à 6h du matin.
Prendre comme couple : Edwin & Lucia (*5), Rolando & Soldedad (super 4×4), Nicolas&Flora (*2) ; Nelson&Julia (*3), Carlos et Georgia, Jaime&Josephina (*3)
Ne pas prendre : Zené & Martha , fernando
Ou 2) Turistur Los Salares : Herman&Saida
ou 3) Natural Adventure – Day Tours (+591 68082818) : Herman ou Maycol
Info pratiques: Bien tout mettre par écrit : l’itinéraire, les horaires de départ (les courses doivent être faites avant de partir), les repas inclus, les prestations incluses / non incluses, les villages ou auberges pour la nuit, le programme chaque jour (il faut qu’il soit écrit sinon les chauffeurs font ce qu’ils veulent). L’idéal (avec beaucoup de chance) serait qu’il y ait le conducteur au moment des négociations. Car risque de la sempiternelle « je ne sais pas ce que l’agence vous a dit, mais moi je fais comme d’hab ». A fixer aussi les horaires du départ du matin et surtout du dernier jour car la logique des chauffeurs est : + on part tôt plus on rentre tôt chez nous. Ne pas oublier que la lumière évolue dans la matinée et que la Laguna Verde ne l’est que vers 10-11h, par exemple.
– Demander à passer par la piste 4X4 qui va à la Laguna Cañapa. Restez là-bas le temps d’un repas pour profiter pleinement des flamants roses. C’est depuis cette lagune que vous pourrez approcher au plus près les flamants qui pataugent dans une boue noire. Les contrastes de couleurs sont très saisissants. Ensuite vous rencontrerez la laguna Hedionda, magnifique aussi et vous traverserez le désert de Siloli pour rejoindre la laguna Colorada. Toute cette partie, vous ne pourrez pas la faire en Camping-car.
Avec un 4X4 vous pouvez aller jusqu’à la Laguna Céleste. Les agences proposent cette extension, ainsi que l’ascension du volcan Uturuncu à 6020 m. Demandez le guide Macario pour le faire depuis Quetena Chico.
Si on le fait sans agence ?
Discuter avec une responsable aux bureaux administratifs du parc Eduardo Avaroa (le parc naturel qui couvre le sud du Sud-Lipez) et voir si c’est possible d’embarquer un ranger de uyuni vers sud lipez.
Il faut demander aux chauffeurs Boliviens l’états des pistes les plus utilisées puis choisir
La première centaine de kilomètre ne pose pas de problème particulier, max 30Km/h. 1er bivouac : village – Villa Mar
Quel ascension ?
Faire le volcan 6000m Licancabur (magnifique, 8/10h de rando A/R) ou Uturuncu (beaucoup beaucoup plus facile : le véhicule amène à 5700m, il reste 2h A/R de marche) => si tu parts avec un guide, assures-toi qu’il soit muni d’un caisson hyperbare
Info utiles
Retirer de l’argent à Uyuni pour préparer l’excursion car les distributeurs deTupiza sont vides.
A prendre avec toi : aucune agence ne fournit de papier toilettes et de crème solaire. Penses à prendre un chapeau, des lunettes de soleil, des vêtements chauds car dès que le soleil se couche, il fait très froid, un sac de couchage (ceux des agences sont nuls), des chaussures de marche, un maillot de bain, un baume à lèvre et… ton appareil photo.
NOTRE CARNET DE VOYAGE
Jour 1 : Tupiza (2 950 m) – Quetena Chico (4 200 m)
Le paysage de El Sillar
Les routes de terre sont très vite là. A peine quelques dizaines de minutes après le départ, nous ne regrettons déjà pas notre départ de Tupiza plutôt que d’Uyuni. Les canyons proposés sont superbes et nous mitraillons évidemment avec nos appareils photos !
Ciudad del Encanto
Le village enchanté (en français), le mot en dit long et une fois sur place on ne peut qu’acquiescer. Cela ressemble à de gigantesques stalagmites de sable, formées par le temps. C’est vraiment impressionnant ! Des colonnes grises d’une dizaine de mètres de haut par centaines gravées par les pluies sur des milliers d’années. Evidemment, c’est un stop pour prendre des photos et même errer entre les colonnes. Ces roches sont assez friables, mêmes si on peut grimper dessus, et on se dit qu’on est bien chanceux de pouvoir admirer ces roches avant qu’elles ne disparaissent !
El Pueblo Fantasma : Le village fantôme
Les routes de terre s’enchainent, la poussière est désormais même à l’intérieur du véhicule. Si t’es allergique à la poussière, tu n’es pas au bon endroit ici. Ca secoue fort et les 2 places du fond ne sont pas ultra ultra confortables, mais ça va, les paysages en jettent un max.
Nous faisons un stop dans un ancien village minier à 4600m, abandonné par les espagnols par la suite. Très haut perché, on imagine bien que la mine proche était le seul attrait pour venir s’installer ici où rien ne pousse. A 4690 mètres d’altitude, grâce à de nombreuses mines d’or et d’argent, c’est un village où régnait la débauche, le sexe et la luxure… À force de frôler tous les péchés, un fléaux les emporta tous…. De nos jours, il n’en reste que des ruines et… des fantômes qui errent encore
Mirador Sol de Manana
Vue imprenable sur la lagune Céleste.
Fin de la première journée
Grosse première journée : le pilote a 12h de conduite dans les pattes ! C’est après une ultime attraction, la Lagune Marron (on dirait un lac en pente mais ça c’est juste que nous ne savons pas cadrer), que nous arrivons à notre point de chute. La chambre est sommaire, mais nous avons une chambre privée, ce qui est entre nous une bonne surprise. La fenêtre donne sur l’enclos à lamas et ça sent un peu le foin, et alors ?
Nous faisons un stop dans un ancien village minier, abandonné par les espagnols par la suite. Très haut perché, on imagine bien que la mine proche était le seul attrait pour venir s’installer ici où rien ne pousse. Les ruines demeurent cependant pittoresques et une petite balade pour se dégourdir les jambes est plutôt agréable ! On t’a même pris des photos, car quand même, on pense aussi à toi.
Jour 2 : Quetena Chico (4 200 m) – Villa Mar (3 900 m)
Apres le petit déjeuner, nous prenons la route pour cette longue journée dans la Réserve National de Fauna Andeana Eduardo Avaroa (150 bob) dans le Sud-Lipez.
La laguna Hedionda et la laguna Kollpa
Les lagunes n’hébergent pas encore de chenilles parlantes qui fument le narguilé, mais une partie de cricket avec la reine de coeur aurait été possible avec la quantité de flamants roses qui profitent des points d’eaux des différents lagunes. Les contrastes sont nets : ciel bleu, sable rouge, sel blanc.
La Laguna Verde
Un volcan, c’est top. Une lagune turquoise, c’est excellent. Alors l’une au pied de l’autre : le kiff absolu. Le lac doit sa couleur à une forte concentration et mélange de minéraux dont le magnésium et l’arsenic. La toile de fond, le volcan Licancabur, ne fait qu’ajouter du grandiose à cette scène incroyable qui en fait un des lieux favoris des photographes professionnels du monde entier. La teinte de la lagune change en fonction du vent. En effet, la force et le sens du vent fait cristalliser la surface, et cela fait refléter la lumière de différentes couleurs. Alors ? C’est pas le pays des merveilles ici ?
Pour rajouter du magique à l’endroit, la NASA étudie particulièrement ce coin car les alentours de la lagune est le lieu sur terre qui ressemble le plus à … la planète Mars ! Et quand on le sait, on s’en rend vraiment compte : des rochers noirs sur un sol plein de caillasses. D’un coté nous avons le volcan (où il est possible de faire de la plongée dans son cratère), la lagune verte (bien que turquoise au moment où nous passons), et de l’autre : un désert rocheux sur fond de montagnes rouges. Nous prenons le déjeuner ici.
Petite baignade : Eau Thermale de Polques
Nous faisons un stop où il est possible de se tremper dans de l’eau thermale (très) chaude, évidemment au balcon de paysages qu’il est difficile d’imaginer.
Il y a quelques personnes déjà dans l’eau, mais qu’importe, nous profitons de la petite heure de pause à barboter dans cette eau brulante et fumante au milieu du désert.
Le désert de Dali
En traversant les déserts, il est ici coutume de rencontrer toutes sortes de curiosités. Un jour, parait-il, un touriste qui passait là indiqua : « mais, on dirait un tableau de Dali ! ». Depuis, le désert qui se trouvait devant nous porte son nom (à Dali, pas au touriste) à 4320m d’altitude
En effet, on pourra confondre la vue avec l’impressionnisme du peintre. Des blocs de roche disposés là, au milieu de plaines de sable coloré, tranchées de couches rosées.
Les geyser Sol de Manana
Après le désert de Dali, ce sont ne plus des colonnes de roche qui grimpent dans les airs, mais de grosses fumées grises. Ca sent l’oeuf pourri, aussi. En fait, c’est des geysers de souffre qui font grimper le gaz des profondeurs de la terre jusqu’à la surface. Nous sommes entourés de volcans ici, il ne faut pas l’oublier (on se croirait presque en Auvergne. Presque).
Nous nous arrêtons évidemment pour aller voir de plus prêt ces sorties de gaz. Un peu partout, des trous de boue grise bouillonnent. On se balade autour, mais il faut tout de même faire gaffe aux rejets de vapeurs et même de bulles de boue, épaisses comme si elles étaient constituées de peinture acrylique.
Nous nous amusons (et nous effrayons) à trouver les sorties de gaz qui formeront bientôt de nouvelles évacuations spectaculaires. En effet, si nous tendons l’oreille, nous entendons comme des cocotes minutes pleines (et sifflantes) partout sous nos pieds. En plissant les yeux, on remarque des minuscules trous sur le sol desquels émane déjà du gaz qui se cristallise en souffre jaune sur les cotés de l’orifice. On se dit qu’à tout moment le sol peut s’effondrer et que nous pourrions finir en empenadas fris en quelques micro secondes.
Pour info, cette zone est tellement en activité sous nos pieds, que l’état Bolivien d’Evo commence à faire construire des centrales pour dégager de l’électricité de ces mouvements thermiques. Bravo, Evo !
La laguna colorada
Les splendeurs s’enchaînent et nous sommes épatés qu’autant de choses aussi somptueuses se trouvent si proches les unes des autres. Ailleurs sur le globe, chacune de ces attractions justifierait des heures (et même des jours) de marche. Ici, c’est en 4×4 que nous contemplons des dizaines de merveilles en une seule demi journée…
Nous arrivons à la Laguna Colorada (colorada signifiant rouge, et pas colorée). C’en est frappant. La présence d’algue rouge dans ces eaux donne une couleur rouge sang à ce lac d’altitude (nous sommes à plus de 4000m, il ne faut pas l’oublier !). Le contraste avec le sel, le sable, et les montagnes environnantes est saisissant.
Comme si cette lagune n’était pas déjà grandiose, des milliers de flamants roses viennent se rencontrer et se nourrir ici. Des milliers de flamants roses quoi ! Nous bravons les vents forts pour nous rapprocher de l’eau et marcher sur les cotés. Nous sommes seuls, en plus !
Jour 3 : Villa Mar (3 900 m) – Chuvica (3 760 m)
Avec ce que nous avons vu hier, nous nous demandons comment nous allons pouvoir être surpris avec cette journée… Il faudra faire fort, très fort !
La Vallée de las Rocas
Les premières étapes de notre trajet sont les formes curieuses que la nature a réussi à faire avec le temps. En particulier sur l’érosion des roches. Nous nous amusons devant la Coupe du Monde, ou bien devant le dromadaire. Avec un peu d’imagination, nous nous y croirions ! Non
Promenade au coeur des coulées de lave
Les volcans nous entourent, certains sont même encore actifs ! En chemin, nous rencontrons de nombreux lieux où coulait la lave en fusion, autrefois. Avec le temps, les roches désormais solides peuvent être parcourues en crapahutant un peu, ce que nous faisons.
Dans cet endroit, un petit filet d’eau parcoure les sillons de lave, ce qui permet à une verdoyante pelouse de pousser, et d’en rendre tout heureux tout un éventail d’animaux : canards, lamas, viscaches… et facilement approchables !
Nous errons quelques dizaines de minutes sur ces roches, captant les rayons chauds du soleil. Un vrai moment de détente (et surtout sans poussière, ce qui n’est pas coutume ici).
Le canyon de l'anaconda
Nous pouvons reprendre la route. Notre prochaine destination sera le canyon de l’anaconda. Depuis un mirador, il est possible d’observer touuuut en bas les sinueux virages d’une rivière très sombre. Vu d’en haut, ce rio serpente, tel un anaconda.
Nous crapahutons un peu, une nouvelle fois, en étant prudents tout de même : le précipice à 2m de nous est très, très profond.
Laguna Negra
Après toutes les lagunes que nous avons eu la chance de voir, il y avait une couleur encore inconnue : le noir. Nous nous retrouvons pour le repas devant la laguna negra. Finies les couleurs rouges, turquoises, blanches : place au sombre noir de cette lagune.
Le vent est très très fort, alors nous ne restons que peu autour de cette lagune, nous préférons nous allonger à l’abris du vent sur des roches champignons, chauffées durant la matinée, pour déguster le repas préparé par Anna-Maria.
Le cimetière millénaire
Notre tour laisse pour l’instant peu de place aux créations humaines. Cependant, nous prenons le temps de nous arrêter à San Juan de Rosario, où un cimetière plus que millénaire fut mis à jour.
Des sortes de gros oeufs refermés poussent sur le sol, grands de 2 mètres au moins. A l’intérieur, un peuple vivant ici il y a des siècles y enfermait leurs défunts. Aujourd’hui encore, il est possible en passant sa tête par l’ouverture, de se trouver nez à nez avec des ossements presque intacts. On reconnait par ailleurs le crâne déformé de certains, signe d’importance sociale de leur temps.
Une nuit dans un hôtel de sel
Nous sommes presque à son entrée, et un hôtel a été construit entièrement en blocs de sel provenant du salar à sa périphérie. Nous devons y passer la nuit ce soir.
De l’extérieur, la bâtisse ne semble pas vraiment sensas’… Les blocs sont gris, et si nous ne savions pas qu’il s’agit de sel, nous ne l’aurions pas deviné. En revanche, quand nous entrons dans l’hôtel, nous sommes émerveillés. Le blanc étincelant auquel nous nous attendions est bien présent ! L’extérieur du bâtiment est juste balayé par les vents chargés de sable à longueur de journée, il ne peut pas rester propres.
Tout est en sel : les poutres, les tables, les chaises, les colonnes, et même nos lits… Quel dépaysement !