On quitte Sucre pour aller au cratère de Maragua. Initialement nous voulions faire le treck de 2 jours mais nous ne savions pas où laisser le camping car (on apprendra après que surlessentiersdumonde l’ont fait en laissant leur camping-car dans un parc de Sucre, c’est donc faisable).

C’est magnifique, on adore, malgré une route, ou plutôt une piste, extrêmement caillouteuse, pentue, étroite et sinueuse. Franck assure à la conduite et Tonio assure sans broncher. On est heureux de se retrouver au cœur des montagnes, et en plus Sophie et Tonio supportent parfaitement l’altitude (1ère nuit à 4200m).  On est drôlement content de notre camping-car qui monte 1000m en 1h sans faiblir malgré un diesel de piètre qualité. 
On prend sur le chemin une mamie en stop qui va nous embaumer le camping-car à en vomir pendant 1h. Plus jamais on prend d’autostoppeur… non on plaisante bien sûr. Mais franchement c’était terrible.

Une fois arrivés au cratère, nous marchons jusqu’à la grotte du diable puis jusqu’au mirador Santa Ana et attendons avec hâte la grosse balade du lendemain. Les paysages sont à couper le souffle, extraordinaire !!!

Il ne s’agit pas ici d’un cratère volcanique ou d’un cratère formé par la chute d’une météorite. Non. Ce vaste cratère a été formé par la tectonique des plaques. Ce sont des failles géologiques qui ont crée cette dépression unique en Bolivie.

 

On passe une super soirée avec un groupe de randonneurs dont le chéri de Coline, Enin qui est guide et des locaux venus nous jouer des morceaux de musique.

Mais une fois de plus, ça ne se passe pas comme prévu. Mais alors là vraiment pas ! Le lendemain, c’est la cata, Tonio ne démarre plus. Branle-bas de combat pour se faire aider, on lance un appel au secours aux autres voyageurs encore dans les alentours. Malheureusement ils sont déjà partis de Sucre. Et alors là on a vécu ce qu’on peut appeler un grand moment de solitude 🙂 . Sophie envisage déjà notre retour en France en laissant notre Tonio moisir dans cette vallée car les locaux nous signalent qu’il n’est pas possible de faire venir un remorqueur ici, ce qu’on comprend vu l’étroitesse de la piste que nous avons prise la veille.
On se décompose.

On téléphone à Iveco France qui nous propose mollement une ou 2 bricoles à tester.
On contacte Clément des AC3E (il est mécanicien) qui nous indiquera pleins de manip, toujours en vain. Puis nous appelons Renault Truck Montpellier (garage qui a préparé Tonio avant son départ pour l’Amérique), et notamment Arthuro (chef d’atelier d’origine Chilienne !) pendant de longues heures. Il nous dit d’essayer en dernier recours de pulvériser du start pilote ou même un déodorant en spray, mais ici il n’y a rien.

Et là, on remercie notre bonne étoile qui nous a fait croiser le chemin de l’école mobile et de Coline. Car nous allons être secourus moralement et concrètement par Coline, qui va sur son temps de pause courir les garages puis les magasins jusqu’au soir avec Rodrigo, un des enseignants de l’école mobile, pour nous trouver du start pilote. Mais comment le faire venir jusqu’à nous ?
Une fois de plus Coline se décarcasse, et va se lever à 5h30 du matin pour l’amener au bus qui descend à Maragua… et en plus elle trouve normale de faire ça alors que nous nous sommes rencontrés 3 jours plus tôt. Un ange !!!!! Et ne parlons pas de tous les messages encourageants que nous avons reçu de sa part. Idem pour les AC3E qui nous aideront autant qu’ils pourront à distance malgré leur grippe.

Voilà donc Franck parti à 09h40 à l’arrêt de bus prévu à 10h et là on apprend qu’il est déjà passé. Mais c’est quoi ce délire !!!! Encore un « léger » moment de stress, mais comme dit la maman de Sophie, on a toujours de la chance dans nos malheurs, et effectivement on apprend que le bus doit repasser à 14h. On ne se fera pas avoir 2 fois, Franck va faire le pied de grue à partir de 13h. Malheureusement le start pilote ne permettra pas de faire redémarrer Tonio
Nous revoilà au point mort. Aurélie des AC3E veut envoyer Clément en avion pour nous dépanner 🙂 , quand on te dits qu’ils sont géniaux.
Mais on a toujours de la chance, si si tu vas voir. Il nous arrive toujours des trucs improbables mais ça se finit toujours bien. Le petit ami de Coline, Enin, va faire jouer son réseau et va réussir à nous trouver contre toute attente un remorqueur dès le lendemain matin qui passera par une autre piste (elle n’est même pas référencée). Un génie !!! Ce sera épique, les enfants vont se retrouver coincés dans le coffre, nous devrons redescendre Tonio sur certains passages délicats, Sophie sera stressée au possible pendant ces 4h de pistes mais tout se finit bien puisque nous arrivons entier à Sucre. Le remorquage nous coûtera 350€.

Voilà une leçon de plus d’humanité que nous prenons. Coline, Enin, les AC3E, la route à 3, nos amis (ma sœur de coeur) qui ont prié pour nous de France, nous vous remercions encore pour tout, pour votre soutien sans faille dont nous avions grand besoin. Votre soutien va nous permettre de toujours garder le sourire et de tout prendre plus cool, même lorsque nous pensions que c’était la fin de notre aventure. Et non Coline, contrairement à ce que tu dits, très peu de gens auraient faits tout ce que tu as fait pour nous. Nous vous attendons à Montpellier à notre retour !!!!

En tout cas, cela nous aura remis les pendules à l’heure, et sommes finalement très contents de cette épisode, notamment grâce au soutien que nous avons eu. Nous ne vivons pas ça comme une perte de temps sur notre voyage, et profitons de notre retour à Sucre pour aller faire de l’escalade avec Enin et Coline. On a toujours de la chance dans nos « malheurs ». D’ailleurs pour l’anecdote, cela faisait seulement 6 mois qu’il y avait internet dans ce magnifique trou paumé qu’est le cratère de Maragua. Et là, on a vraiment eu de la chance !!!

Pour l’anecdote de la panne, c’était juste de l’électronique dévissé. Le mécanicien nous a dit que les vibrations des différentes pistes parcourues avaient mis du jeu dans le système de l’anti démarrage, cela a pris 5 minutes de le réparer pffff. Nous voilà délestés d’une somme (très) conséquente, pas grave, on rentrera plus tôt voilà tout.

On décide à contre cœur de ne pas traîner à Sucre car nous espérons retrouver les 2 autres familles françaises pour faire ensemble le salar uyuni, n’ayant  finalement que 2-3 jours de décalages avec eux.

Cet article a 8 commentaires

  1. Que d’aventures extraordinaires !!!! nadine

  2. Impressionnantes ces galères ! Mais les paysages sont magnifiques et les problèmes résolus c’est le principal !!! Merci pour ces superbes photos et le récit, le suspense j’étais vraiment dedans !

    1. C’est ça le voyage 🙂
      En plus Tonio n’y était pour rien, juste un fil défait. On aurait eu la mallette avec nous, en 5 mn on le réparait.

  3. Coucou les Tiself !!
    Superbes vos photos ! Ça fait plaisir de vous lire et de se remémorer vos aventures, sacré Tonio !!! Merci pour cet honneur que vous nous faites dans cet article 😊 c’est que votre ‘buena onda’ ne nous a pas laissé indifférents !!
    On vous espère en pleine forme et que vous continuer d’en prendre plein les mirettes, des bisous à vous 4 et à bientôt !!

    1. Colin , Enin
      On vous remercie tellement pour tout ce que vous avez fait pour nous !!!
      N’oubliez pas tout ce qu’on s’est promis à notre retour en France : visite des montagnes et escalade à volonté.
      Plein de bisous les amoureux

  4. C’est une sacrée aventure !!! Vous auriez pu passer à la TV dans « les routes de l’impossible » !

    1. 🙂 C’est exactement ça lol

    2. Carrément 🙂 en tout cas on n’a pas fait les malins

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