Pourquoi un bilan à 3 mois ?

3 mois que nous foulons cet incroyable continent qui nous en met plein les yeux et cela semble étonnamment le bon moment pour faire un bilan.

Pourquoi pas un bilan avant ? Le 1er mois ne sert qu’à prendre ses marques. Le 2ème on n’y pense pas, tellement on est dans le plaisir de profiter. Et à 3 mois on a bien conscience que ce ne sont pas des vacances, mais un voyage, une aventure incroyable.

– On peut dire que notre 1er mois fut un peu compliqué. Déjà il faut se mettre dans le bain, trouver ses marques, s’habituer à la vie en camping car, le réaménager pour qu’il soit plus fonctionnel, géré les humeurs de chacun (principalement de notre adolescente peu emballée de partir). A cela s’est rajouté dès le départ plusieurs péripéties dont on se serait bien passé, avec des paysages (hors Iguazu), qui ne nous ont pas fait rêver. Ou peut-être est-ce la succession de pépins et le mauvais temps qui nous ont empêchés de profiter de ce début de voyage. Nous ne pouvons pas le dire. Le fait est que ce ne fut pas un mois à marquer dans les anales.

– Arrive ensuite le 2ème mois qui correspond au Pantanal et l’arrivée en Bolivie. Déjà les humeurs de chacun s’apaisent car nous arrivons enfin à trouver notre place et nous commençons tous à prendre conscience de la chance que nous avons d’être là. Tonio est vraiment confortable, nos aménagements sont vraiment bien pensés et utiles au quotidien. On arrête de subir pour profiter enfin des paysages qui commencent à devenir magiques.

On devient parfaitement opérationnel dans cette vie à 4, dans notre maison de 13m2 avec son jardin infini.

Pourquoi ce ne sont pas des vacances ?

On parle souvent entre voyageurs des différentes réactions que l’on a pu avoir autour de nous.

Ce qu’on retient tous et dont nous sommes unanimes c’est que non, contrairement à ce que pensent nos proches, ce ne sont pas des vacances. Nous n’avons jamais voulu faire du all inclusive, on est plutôt du genre roots (mais pas trop non plus), la saleté ne nous dérange pas, le manque de confort et la pauvreté alentours non plus. Se débrouiller par nous-mêmes est ce qui nous convient à l’opposé des voyages organisés que nous détestons (on ne le critique pas mais ce n’est pas notre truc).
Mais on est loin de ce qu’on a connu jusqu’à présent… puisqu’on est loin… pendant longtemps.

Tous les soirs on doit chercher un spot où dormir, où faire nos courses, trouver les produits qui vont bien, faire le plein d’eau, trouver où recharger notre bouteille de gaz (vraiment pas facile), faire TRÈS attention à la consommation d’eau suivant les pays, ce qui implique une toilette de chats car pas le droit aux douches, trouver où vidanger les eaux sales et vider les toilettes discrètement. Se dire que si on a un gros pépin de santé, ça ne va pas êtres simple pour se faire soigner. Faire les devoirs aux enfants. Réparer/bricoler les petits pépins fréquents du camion. Laver le linge à la main. Et encore nous avons la chance d’être dans un camping-car très très confortable.

Nous ne sommes donc jamais, depuis 3 mois, dans notre zone de confort.

Mais attention, pour rien au monde on ne voudrait être ailleurs. Car si ce ne sont pas des vacances, c’est un voyage, un rêve, une aventure extraordinaire.

La vie au quotidien ?

Vivre 24h/24 ensemble n’est pas toujours facile et pourtant c’est pour être ensemble que nous avons franchi le pas.

Il est vrai que l’âge des enfants habituellement en voyage est plus bas que les nôtre, notamment de notre grande. Ce qui n’est d’ailleurs pas facile pour elle puisque les enfants des autres voyageurs ont généralement entre 3 et 10 ans, ce qui génère un décalage. Mais cela fera partie de sa formation « d’être » adulte : s’adapter.

Les devoirs se passent relativement bien, même si c’est le point noir du voyage comme pour toutes les familles. On ne s’improvise pas professeur et les enfants ont du mal à accepter nos conseils, à se mettre au travail. Mais c’est valable pour nous aussi, car honnêtement qui aurait envi de travailler dans ces endroits de rêve. On trouve toujours mieux à faire.

Et comme l’a dit Francis des Capà6 : « Avec ma femme on ne s’est jamais autant engueulé que depuis qu’on est en voyage ». Y a du vrai 🙂

Une journée type ?

En fait on n’en a pas vraiment pour l’instant.

Dans l’idéal, ça se passe ainsi, lorsqu’on ne doit pas faire quelque chose le matin, quand on n’a pas de route à faire (c’est-à-dire quasiment jamais), quand on ne s’est pas couché tard la veille (pas souvent non plus):
Réveil à 7h45, lever à 08h, 1h de petit déjeuner (on prend le temps et c’est génial)
Ecole de 9h30 à 11h
Visite          
Recherche d’un bivouac pour le soir
Petit film (fort boyard, pekin express ou les cités d’or) en mangeant
Dodo à 21h

Bilan ?

C’est idyllique, on ne se dispute jamais avec Franck, les enfants sont des anges, tout est toujours super, les paysages et personnes rencontrées toujours géniaux. Mouhahahah la blague, tu m’as vraiment cru ?

Et non ce n’est pas toujours simple (ceux qui disent le contraire mentent si si j’t’assure) mais pour rien au monde on ne ferait machine arrière. Voir le visage de ses enfants s’émerveiller devant tout ce qu’on voit n’a pas de prix. Les voir grandir, changer au quotidien est une chance unique.

On peut déjà voir une évolution positive en eux, surtout chez notre ado qui devient une pré-adulte fabuleuse. Les enfants se disputent encore, bien sûr, mais nettement moins qu’avant lorsque l’on se rend compte du vase clos dans lequel on vit. Nous les trouvons déjà grandi. Ils se rendent enfin compte de l’extraordinaire aventure dans laquelle on les a embarqué et nous sommes convaincus de tout le bénéfice que cela va apporter à chacun. Ce voyage n’est pas qu’une succession de paysages, c’est aussi la rencontre de l’autre, accepter ses défauts, ses différences, prendre sur soi, accepter la perte de son confort (plus difficile pour certaine que pour d’autres lol), ne pas se décourager, compter les uns sur les autres.

Pour résumé, je reprends la phrase d’un autre voyageur : « le courage ce n’est pas de partir, mais de revenir ». Et nous sommes totalement d’accord car on commence déjà à se dire que le retour va être très très difficile. Nous vivons en totale liberté. Et cette liberté, on va avoir du mal à la remettre en cage.

Bilan en chiffres

  • 10 000Km parcourus dont au moins 2000 de pistes (on ne compte pas les 4h de remorquage)
  • 1 paire de lunette de soleil perdu dans un magasin de Potosi
  • 1 jerrican volé avec 100 bolivianos
  • 1 lanterneau latéral fissuré par des coquins qui nous ont lancé un caillou : réparé 
  • 1 lanterneau du toit cassé à Ibera : réparé
  • 2 feux arrières cassés : réparé
  • 1 embourbement dans le pantanal
  • 1 panne dans le cratère de Maragua
  • 1 remorquage de 4h sur une piste de montagne improbable
  • 2 ampoules feux de croisement changées
  • 1 vidange d’huile effectuée
  • 4 nettoyages de filtre à air
  • 1 changement de pré filtre et filtre à gasoil
  • 1 contrôle des freins, suspensions, moteur chez Iveco Salta
  • 1 maintenance du système de gaz à Cordoba
  • 1 joint du bac à douche refait
  • 1 Prise 12 V cabine réparée
  • 1 bivouac quitté en catastrophe à cause d’un taré
  • 8 chaussettes qui ont perdu leurs paires dans les lavanderias
  • 5 Recharges de gaz
  • 45 nettoyages de toilettes (exclusivement par Franck le pauvre)
  • 40 remplissages de réservoir d’eau et autant d’essence
  • 3 lavages extérieurs de Tonio
  • 5 lavanderias pour nettoyer les vêtements, le reste à la main 🙁
  • 3 hôpitaux argentins visités : 2 Thibault, 1 Sophie
  • 6 campings (Ibera, Pantanal, Tranquillo, Santa Cruz, Aguas Calientes, Salta) pour un total de 11 nuits sur 90
  • 30 cris stridents lorsqu’on voyait des nouveaux animaux
  • 5 000 Ouhaaaaa c’est trop beau !!!!

Altitude maximum traversée : 4800m dont 4500m avec Tonio (trop forttttttt)

 

 

La faune rencontrée ?

Certains animaux se reverront dans plusieurs pays mais notre 1ère rencontre en :

Argentine :
Caïman, Capibara, Koati, Renard, Serpent, Aigle, Singe, Chevaux sauvages, Perruches

Brésil :
Aras bleus et rouges, Piranha, Fourmilier, Tatou, Toucan, Iguane, , Biche, Loutre de rivière

Bolivie :
Condors, Flamants roses, Ocelot, Lama, Vigogne, Autruche, Chinchilla, Des chiens déguisés à Sucre, 10 000 chiens errants

Ce qu'on a aimé ou pas ?

1ère réaction quand j’ai posé la question aux enfants : « Olala ça va être très compliqué de choisir »

Eléa
1 – Lipez
2 – Salar Uyuni
3 – Iguazu
4 – PN Amborro et ses fougères

Thibault
1 – Tout le voyage

Sophie :
1 – Lipez et Salar
2 – Sucre et ses rencontres humaines incroyables (Coline, Enin et l’école mobile)
3 –  Iguazu
4 – PN Amboro
5 – Humahuaca et sa vallée aux 14 couleurs

Franck
1 – Lipez
2 – Salar Uyuni
3  – Los Volcanes
4 – Sucre
5 – Randonnées à Santiago de Chiquitos
6 – La traversée BA – Montevideo avec la rencontre de tous les autres voyageurs

Ce qu’on n’a pas aimé ?

Eléa
1 – Barrage Itaipu
2 – Dire au revoir à tout le monde
3 – La nourriture en Amérique du Sud

Thibault
1 –  Les poux

Sophie
1 – Montevideo
2 – Itaipu
3 – Toutes les galères du 1er mois
4 – Les disputes
5 – Galérer pour le sans gluten en Bolivie

Franck
1 – Attente du camping-car à Montevideo
2 – La galère à trouver du propane
3  – La visite de nuit de l’hôpital de Humahuaca

Récap en vidéo du 3ème mois (fait par Eléa)

Cet article a 10 commentaires

  1. Super votre article, écriture très sympa qui donne envie de lire, on aimerait bien avoir le « truc anti flic corrompu » de l’ambassade de France. Au plaisir de vous retrouver sur la route, bises, Hélène et Pierre les retraités de Saint Paul

    1. Coucou les amis,
      On a été très heureux de vous rencontrer enfin, après avoir souvent lu vos commentaires sur ioverlander et votre blog. Biz à tous les 2 et à bientôt sur les routes j’espère

  2. Oui…on va peut être vous rejoindre avec la classe en voyage scolaire. Je valide ‘les voyages forment la jeunesse ». Biz à toute la famille.

    1. Yesssss, D’ailleurs Tibault a demandé comme cadeau pour son anniversaire que tous ses copains viennent : ça vous laisse 1 mois pour tout préparer mais organisée comme vous l’êtes c’est jouable. Bisous à tous

  3. Salut Sophie, tu arrives à bien retranscrire ce que vous vivez depuis que vous êtes partis ! C’est ce qu’on pourrait appeler l’expérience des voyages avec des émotions fortes bonnes et des fois moins bonnes ! On oubliera pas de dire que « les voyages forment la jeunesse »…gros bisous et profitez encore ! Ce n’est pas fini ! Votre diaporama est superbe ! Caro de Murviel

    1. Coucou ma Caro !!!!
      Comme tu dits ça forme la jeunesse et aussi la vieillesse 🙂
      Comment tu vas ???
      Plein de bisousilles

  4. Merci, merci de nous faire partager ces trois premiers mois de voyage. C’est un périple extraordinaire avec des paysages de cartes postales. Je vous souhaite bonne continuation dans l’aventure. Bises. Nathaly de Murviel

    1. Coucou Nath, suis trop contente que tu nous écrives !!!! Comment ça va ??? La rentrée des loulous s’est bien passée ???
      Tout plein de bisous

  5. Super cet article. Magnifique le diaporama, bravo !
    À bientôt
    Les pau’z’ailleurs

    1. Merci copine !!! et je pense que tu es d’accord avec certains points 🙂

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